Le portrait d’un écrivain
17 mars 2008
Informations francophones
18 mars 2008

Pantoum
(en mémoire de Cornéliu Barbulescu, savant folkloriste récemment disparu)

Le savant interroge et les arbres répondent
(si cum vin cu drum de fier
toate cântecele pier)
Les poètes aussi – Honneur à Ezra Pound !
*
L’homme moderne, droit et fier
De son vertex touche les astres
Plus rien n’est faste ni néfaste
Le toujours plus nous gagne – ou bien nous perd
*
Dès lors nous respirons le parfum du désastre
Partout, là où, naguère encore
La joie facile et sans effort
S’offrait également aux princes et aux pâtres…
*
La pénombre envahit la scène et le décor
Le chant fait place à la colère
La peur exige son salaire
L’esprit s’enchaîne et souffre avec les corps
*
Comment pourquoi si vite est survenu Brumaire ?
Ce quai des brumes, le Dix-huit…
La tyrannie s’installe et l’innocence a fui
L’aube est encor nocturne et le soleil amer !
*
L’Usure étend son règne et le Labeur la suit
Docile à son commandement.
De l’arbre entouré de ciment
Aphones les oiseaux se sont enfuis !
*
Arcadies…Bergers, troupeaux, naïfs amants !
En quel pays de collines lointain
(humide encor de rosée du matin)
Entendrons-nous votre secret, naïfs savants ?
*
Si au ciel déserté levant les yeux en vain
J’ai renoncé piéça l’espoir,
Je garde encor celui de voir
Sous les chênes bruissants la danse des sylvains !

Luc Barbulesco,
février 2008
(Enseignant / Chercheur Paris / France)

VIOLENCE INTOLERABLE

avions nous pris conscience des longues études extrêmes.. ?
mal passe aux revenants d’une tour
trépasse
avides en loques de cire
se moulent.

une éternelle biche
est prise en chasse,
la charge bat son plein de haine aveuglement.
par touches de vie vilaine.
accordons nous à dire,
sereine page d’une rêverie vaine,
bonheur bonté,
sagace peine
dans le siècle des siècle !
amen !

(7 mai 2001)
Draga SBIERA PALEOLOGUE(Paris, France)

A la terrasse du temps qui passe

Quelle est cette fille au loin
Qui court sur la plage de sable fin
Où vont ces jambes rêveuses et fines
Qui glissent sur le boulevard d’opaline
A la terrasse du temps qui passe
Je contemple la vie qui efface
Les rides et les sourires en surface
Je revoie tous ces jours d’impasse
Les mots de larmes cloués sur place
Au carrefour du temps inachevé
Je croise le regard d’une naufragée
Elle me regarde je l’intéresse
Dans un autre temps j’aurai tenté l’ivresse
Mais le temps passe et me dépasse
J’ai laissé mon cœur glissé au bal des années de grâce
Et je regarde le passé toujours présent qui m’enlace
A la terrasse du temps qui passe

Pierre Meige
Poète, Musicien/compositeur (Paris, France)

C’est vraiment beau la vie

Sur mon lit d’hôpital je n’avais pas le moral
Cette douleur à l’intérieur me faisait si mal
Quand je suis enfin sorti de ma mélancolie
Dehors le monde respirait l’harmonie
J’ai regardé le bleu du ciel et j’ai frémis
C’est vraiment beau la vie
Un papy sur son banc regarde jouer les enfants
La Game boy le portable ça n’existait pas de son temps
Il leur sourit et leur dit les mômes je vous le garanti
C’est vraiment beau la vie
Le monde se plaint souvent pour un oui pour un non
Il n’a plus le temps d’avoir des émotions
Quand d’autres ont tant de peine à vivre leur passion
Lui se morfond sous des soleils artificiels de la désinformation
A l’entrée du Paradis St Pierre attend le client indécis
Un poète en fin de carrière lui lance un défi
Je vous remercie c’est bien gentil de m’inviter au Paradis
Mais je ne veux pas rester ici c’est tellement mieux la vie

Pierre Meige
Poète, Musicien/compositeur
(Paris, France)

Solitude vivante
de Aurel Dragos Munteanu, écrivain, poète, diplomate roumain
(traduction du roumain par Ileana Munteanu)

O, seul, Seigneur, dans votre solitude,
Portant la douleur du monde dans votre oeil terni
C’est la lave éteinte d’un volcan muet,
La solitude vivante d’un mort en vie.

Le désert s’étendait et la mer s’abaissait,
Une lumière sans nom là-haut parut, profonde,
Votre peuple soumis se laisse crucifié
Sur la roue affligée du monde.

Si seul, Seigneur, dans votre solitude!
Au dessus – ciel rond qui nous protège,
Les torches se sont éteintes, le mot devient muet,
Les étoiles là-haut se rassemblent en cortège

Désert
de Aurel Dragos Munteanu, écrivain, poète, diplomate roumain
(traduction du roumain par Ileana Munteanu)

Un océan de terre est ma pensée
Calme,
L’eau vivante de la fontaine
S’amasse dans le calice des roses
Couleur du soleil
Et la vaste douleur qui erre dans le verger
Se meurt aux pieds d’un arbre fruitier.
Tout est comme il devrait être, il y a un but en tout,
On connaît le commencement et la fin
Et pourtant on s’égare…

Site web à la mémoire d’Aurel Dragos Munteanu : http://www.marileiubiri.org/

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